Femme à la Fontaine, nouveau bar à vin (très) nature
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Femme à la Fontaine, nouveau bar à vin (très) nature

Installé sur la Main, en plein cœur de la Petit-Italie, le resto Bethlehem XXX a fermé ses portes pour se transformer en un bar à vin nature à la carte recherchée et à la cuisine savoureuse. Après un soft opening en septembre, Femme à la Fontaine est désormais fin prêt à accueillir les clients dans sa déco intimiste. Les propriétaires à l’initiative de ce bar? Un beau duo: Julia Daigle, du groupe électro-pop Paupière, et Brett Stabler, artiste conceptuel et réalisateur de clips, aussi à l’origine du resto expérimental Bethlehem XXX.

Certains avaient déjà repéré le bar à vin dès sa discrète ouverture en septembre, notamment à cause de son nom originel: Femme Fontaine. «On voulait être un bar à bulles au début, spécialisé dans les pétillants naturels. On trouvait ça mignon et drôle comme nom… Mais ça a choqué beaucoup de gens, raconte Julia. On n’a pas trop compris. On ne comprend toujours pas ce qui est dégradant dans le terme, alors qu’il existe pourtant des restos appelés Point G. ou Ma Grosse Truie chérie… On l’a contesté, mais on a perdu. On a donc du changer le nom partout à la dernière minute, jusqu’au permis d’alcool.»

Quant à se spécialiser en pétillants naturels (pet-nat’, dans le jargon), le duo a finalement changé de cap. «On trouvait ça trop pointu, et il y a aussi tellement de choses intéressantes dans les vins oranges, etc…» En effet, la cartes des vins – concoctée avec les bons conseils de Vanya Filipovic (sommelière chez Joe Beef et Vin Papillon) – met en vedette des vins naturels et provocateurs provenant de vignerons expérimentaux. Des vins avec des histoires, des goûts atypiques et souvent produits en petits volumes, ce qui amènera la carte à changer très régulièrement. «Avec nos vins, je veux challenger les clients», sourit Brett.

La carte est pour le moment très axée sur la France et l’Italie, mais devrait s’élargir. «On n’est pas fermés; c’est la philosophie du vigneron qui nous intéresse d’abord», souligne Julia. La copropriétaire indique avoir été surprise par la tranche d’âge des clients amateurs de vins, plus jeunes qu’on pourrat le croire. Mais après tout, Femme à la Fontaine veut cultiver une approche d’enthousiaste du vin, sympathique et pas snob.

Rétro-féminin

Aux fourneaux, on retrouve Maxime Gaudet (22 ans seulement). Après être passé au Buenanotte, d’où il tire notamment sa maîtrise des pâtes, ou au Rouge-Gorge où il a travaillé les tapas, il dirige ici sa première cuisine. Son menu mélange des plats de resto, de bistro et de bar à vin et propose un choix de plats simples réfléchis de manière à bien accompagner les vins. De 6 à 23$, les assiettes à partager proposent aussi bien des assortiments de fromages et charcuteries que des plats réconfortants (risotto à la courge).

La carte pan-méditerranéenne s’inspire notamment de plats cuisinés dans les vignobles, comme le frico del fattore italien: ce plat de fromage Montasio, pommes de terre et oignons est servi par les vignerons du Frioul, en accord avec leurs vins oranges. Le chef s’alimente en produits frais au marché Jean-Talon voisin, et relève le défi de travailler dans la minuscule cuisine de Femme à la Fontaine – et il s’en sort très bien.

«On est un bistro  de quartier, familial et simple, mais avec des produits plus rares comme les vins oranges, résume Julia. Les gens y viennent pour vivre une expérience par rapport au vin, mais ça reste un endroit pour relaxer.» La fin de semaine, l’ambiance festive propre à l’ancien Bethlehem devrait cependant reprendre le dessus.

Côté déco – et ce n’est pas l’aspect moindre de ce bar -, les copropriétaires proposent une ambiance de «bistro euro-surréaliste, rétro-féminin et enchanteur». Ils ont notamment travaillé avec l’artiste visuelle TheaGovorchin, l’artiste-interprète Bernardino Femminielli, la directrice artistique IllianaAntonova et la scénographe Louisa Schabas (Bjork, Arcade Fire…) Lumière rouge-rosée, mannequins de femme, imagerie qui rappelle le corps féminin: la déco est fidèle au nom du bar. Un endroit définitivement sensuel et enivrant… Comme ses vins.

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Femme à la Fontaine
6568, boulevard Saint-Laurent – Montréal