Le Rockwood, un hymne au Canada
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Le Rockwood, un hymne au Canada

Ouverte en cette année d’anniversaires de Montréal et de la Confédération, cette « brasserie canadienne » est le 4e établissement du Groupe Tomahawk.

Comme son nom l’indique, le Rockwood met deux matières à l’honneur : l’espace boisé du rez-de-chaussée contraste avec les vieilles pierres du sous-sol, dans un bel ensemble chaleureux. Ce décor signé Lovasi (Appartement 200, HVOR, La Champagnerie) arrive à équilibrer rustique et chic – un plus pour les nombreux miroirs qui agrandissent l’espace.

Au sous-sol, les banquettes de cuir et l’éclairage tamisé côtoient les serviettes à carreaux rouges et blancs et le pêle-mêle d’objets sur les étagères. C’est que les rappels patriotiques sont partout : grand panache de cervidé au mur, patins de hockey, canne de sirop d’érable, raquettes… Un concept qui doit plaire à la population touristique du Vieux-Montréal, où le resto s’est installé (à l’angle des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice), surtout en cette année de double anniversaire.

Si le décor est 100% canadien, le menu se la joue aussi typique feuille d’érable. L’accent est mis sur les produits d’ici et les légumes de saison ; on retrouve notamment de la guédille de homard, de la tourtière (végé), de la poutine… L’appellation de « brasserie canadienne » m’avait fait un peu peur de prime abord, mais le chef sait joliment mettre en valeur des plats traditionnels et populaires avec de bons produits locaux et de qualité, ou twister ses assiettes avec des accords originaux et de belles présentations.

Au tartare de saumon s’ajoute un lit de lentilles, qui vient amener du croquant à la texture fondante du poisson, tandis que la poutine au canard confit et tout juste sortie du four est un vrai régal gourmand. Côté mer, les crevettes de Matane et la truite du lac du Québec côtoient des pétoncles du Nouveau-Brunswick et les moules de l’Île-du-Prince-Édouard. Au Rockwood, les fromages sont canadiens (Ciel de Charlevoix, fromage d’Oka…) et le steak vient d’Alberta.

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Aux fourneaux, c’est le chef Adam Asperlund (Barroco, Chasse & Pêche, Ludger) qui avait fait l’ouverture du resto, mais il vient d’être remplacé par Olivier Racicot, qui trône désormais au centre de la cuisine ouverte au sous-sol. Le service? Rapide, efficace et attentionné.

La carte des vins (signée par Luis Salgado, de Tapas 24) fait aussi la part belle au Canada, l’occasion de découvrir des bouteilles d’ici. Aux cocktails, c’est le mixologue Hugo Dallaire qui a créé les recettes du Rockwood – coup de cœur pour le Caesar au wasabi. On regrette cependant le peu de choix au rayon bières ; une sélection un peu plus fouillée aurait permis de mettre en valeur les brasseries canadiennes.

Avec ses 120 places, ce resto ouvert depuis début juillet accueille ses clients tous les jours. Le Rockwood est le quatrième établissement de Thomas Vernis, après le Santos (10 ans déjà), le Dolcetto & Co. et le Tommy Café. Le restaurateur en série ne s’arrête plus, et après avoir honoré ses racines européennes, il voulait rendre un hommage à son pays d’accueil.

Mais si Thomas Vernis disait vouloir avec le Rockwood s’éloigner des clichés récurrents sur le Canada, chemise carreautées et compagnie, le décor en fait malgré tout un peu trop. Heureusement, la cuisine ne tombe pas dans le cliché et, alors que la tendance est à la cuisine extra-locale et québécoise, on peut ici goûter le pays d’Est en Ouest. Un nouveau succès pour le groupe Tomahawk? Ça semble bien parti.

Rockwood
101, rue Saint-Paul Ouest – Montréal
www.rockwoodmontreal.ca